Augmentation loyer 2026 : calcul, DPE et démarches

Alexandre Morin

14 janvier 2026

Blocs en bois empilés avec des flèches vers le haut illustrant l’augmentation du loyer en 2026, le calcul de la hausse et l’évolution des indices réglementaires.

L’essentiel à retenir : la révision annuelle du loyer exige une clause spécifique et suit l’évolution de l’Indice de Référence des Loyers (IRL). Ce mécanisme permet d’ajuster le montant à l’inflation, mais reste strictement interdit pour les logements classés F ou G, rendant la validité du DPE indispensable avant toute augmentation.

Votre bailleur exige une augmentation loyer et vous doutez de la légalité de ce nouveau montant face aux règles en vigueur en 2026 ? Au-delà du simple calcul basé sur l’indice IRL, l’étiquette énergétique DPE de votre habitation ou sa situation en zone tendue peuvent en réalité geler toute possibilité de révision annuelle. Apprenez à vérifier scrupuleusement chaque paramètre du calcul et identifiez les motifs légaux qui vous permettent de refuser ou de négocier cette hausse dès aujourd’hui.

Sommaire :

  1. La révision annuelle du loyer : les règles du jeu
  2. Calculer l’augmentation de loyer en 2026 : la pratique
  3. Le gel des loyers : l’impact du DPE en 2026
  4. Les règles spéciales : zones tendues et plafonnement des loyers
  5. Les autres cas d’augmentation : travaux et loyer sous-évalué
  6. La procédure en pratique : appliquer ou contester la hausse

La révision annuelle du loyer : les règles du jeu

Les conditions pour une révision de loyer valide

Beaucoup pensent que c’est systématique, mais c’est faux. Une augmentation loyer n’est jamais automatique. C’est un droit activable par le propriétaire, pas une obligation, et il doit impérativement en faire la demande explicite.

Voici le détail qui piège tant de bailleurs : sans clause de révision ou d’indexation inscrite noir sur blanc dans le bail, aucune hausse n’est permise. C’est la condition sine qua non pour agir.

Pour valider la procédure sans risque de contestation, vérifiez ces points :

  • Le contrat inclut une clause de révision annuelle claire.
  • Le propriétaire a manifesté sa volonté d’augmenter le loyer (par courrier recommandé).
  • La demande respecte le délai d’un an suivant la date prévue.
  • Le logement ne doit pas être classé DPE F ou G.

L’indice de référence des loyers (IRL), c’est quoi au juste ?

Oubliez l’inflation générale. Seul l’IRL compte. C’est l’unique boussole légale pour la révision annuelle, calculée sur l’évolution des prix à la consommation, mais en excluant strictement le tabac et les loyers.

Ce chiffre pivot est mis à jour chaque trimestre par l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques).

Le bailleur ne peut pas inventer son propre indice. L’IRL plafonne la hausse autorisée, il ne l’impose pas aveuglément. Le propriétaire reste libre d’appliquer une augmentation inférieure s’il juge que c’est préférable.

Le timing est tout : la règle du délai d’un an

Le propriétaire a un an pile pour se réveiller à compter de la date prévue. S’il oublie de faire sa demande dans ce délai, le droit à la révision pour l’année écoulée est définitivement perdu.

Attention au piège financier : la révision n’est pas rétroactive. L’augmentation ne s’applique qu’à partir du jour précis où la demande est notifiée au locataire, jamais avant.

Concrètement, si vous réclamez l’augmentation avec six mois de retard, ces six mois sont perdus. Le locataire ne vous devra rien sur cette période passée.

Calculer l’augmentation de loyer en 2026 : la pratique

Bon, la théorie c’est bien, mais votre portefeuille veut du concret. Maîtriser ce calcul est l’unique moyen de valider une augmentation loyer ou de la contester, que vous soyez celui qui paie ou celui qui encaisse.

La formule de calcul à connaître par cœur

Voici l’équation qui fait foi, ni plus ni moins : Nouveau loyer = Loyer actuel x (Nouvel IRL / Ancien IRL). Notez bien que le « loyer actuel » s’entend toujours hors charges, ne faites pas l’erreur d’inclure les provisions.

Pour les indices, c’est précis. Le « Nouvel IRL » correspond au trimestre indiqué dans votre bail (ou le dernier publié à la signature). L' »Ancien IRL » ? C’est tout simplement celui du même trimestre, mais reculé d’une année pile.

Les indices IRL 2025-2026 à utiliser pour votre calcul

Vous ne pouvez pas inventer ces chiffres. Voici les dernières valeurs officielles de l’INSEE à utiliser impérativement cette année.

Indices de Référence des Loyers (IRL) – Métropole
Trimestre de référence Valeur de l’indice (IRL) Évolution sur un an
3ème trimestre 2025 145,77 +0,87 %
2ème trimestre 2025 146,68 +1,04 %
1er trimestre 2025 145,47 +1,40 %

Le prochain indice (T4 2025) sera publié par l’INSEE le 15 janvier 2026.

Exemple concret : simulation de votre nouveau loyer

Imaginons un scénario classique. Vous avez signé un bail le 1er mars 2025 pour un loyer de 750 €. Le trimestre de référence fixé est le 1er trimestre. La révision tombe donc le 1er mars 2026.

Sortons la calculatrice. L’ancien IRL (T1 2024) était de 143,46. Le nouvel IRL (T1 2025) est de 145,47. C’est cet écart précis qui dicte la hausse autorisée.

Le verdict tombe : 750 € x (145,47 / 143,46) = 760,50 €. Le nouveau loyer maximum sera de 760,50 € à partir de la demande du propriétaire.

Le gel des loyers : l’impact du DPE en 2026

Le calcul de l’IRL est la règle générale, mais une exception de taille vient tout bouleverser : la performance énergétique du logement. C’est aujourd’hui un critère incontournable.

Passoires thermiques (DPE F et G) : augmentation interdite

Soyons clairs dès le départ : si votre bien est classé F ou G, c’est stop. Une augmentation loyer est strictement interdite pour ces logements. Le DPE dicte désormais sa loi sur vos revenus locatifs. Cela bloque toute révision, même si le bail le prévoit.

Cette règle s’impose aux baux signés ou renouvelés depuis le 24 août 2022 en métropole. Pour l’Outre-mer, le couperet est tombé le 1er juillet 2024. Personne n’y échappe, peu importe la tension du marché.

L’étau se resserre encore plus avec l’interdiction de louer les G depuis janvier 2025. Les logements F suivront le même chemin en 2028. Vous voyez l’urgence de la situation ?

Le nouveau DPE 2026 : un changement de jeu pour 850 000 logements

Mais voilà une nouvelle qui change la donne en 2026. Depuis le 1er janvier, le coefficient de conversion de l’électricité chute de 2,3 à 1,9. Ce calcul favorise enfin le chauffage électrique face au gaz. C’est une correction technique majeure.

L’impact est massif et immédiat sur le parc immobilier français. Environ 850 000 logements sortent instantanément du statut de passoire thermique. Ce sont surtout des petites surfaces qui respirent à nouveau.

La conséquence financière est directe pour vous. L’interdiction d’augmenter le loyer saute pour ces biens reclassés E ou mieux.

Propriétaires, locataires : comment vérifier et agir ?

Vous avez un DPE réalisé avant 2026 ? Pas besoin de refaire payer un diagnostiqueur pour profiter du changement. Vous pouvez récupérer une attestation officielle qui valide la nouvelle étiquette énergétique.

Tout se passe en ligne pour simplifier la vie des bailleurs. Téléchargez ce document directement sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Ce papier fait foi légalement auprès de votre locataire. Il débloque votre droit à la révision annuelle.

Locataires, exigez cette preuve écrite si on vous demande une hausse. Vérifiez que le logement n’est plus une passoire.

Les règles spéciales : zones tendues et plafonnement des loyers

En plus du DPE, la localisation de votre logement peut imposer des règles encore plus strictes. Il faut bien distinguer deux dispositifs qui se superposent parfois et bloquent souvent toute augmentation loyer.

L’encadrement à la relocation en zone tendue

Parlons du premier piège. Dans les 47 agglomérations classées « zones tendues », la liberté de fixation n’existe plus vraiment. Lors d’un changement de locataire, le loyer du nouveau bail ne peut pas dépasser celui du précédent occupant.

Une petite marge de manœuvre subsiste pourtant. La révision annuelle basée sur l’IRL reste possible, à condition qu’elle n’ait pas été appliquée au cours des 12 derniers mois.

Ne comptez pas sur une fin rapide. Ce mécanisme est reconduit jusqu’au 31 juillet 2026. Il vise à freiner la hausse des loyers entre deux locataires.

Le plafonnement expérimental : un loyer de référence à ne pas dépasser

Voici le second dispositif, bien plus radical : le plafonnement des loyers. Ici, le marché ne décide plus. Le loyer ne peut excéder un « loyer de référence majoré » fixé par arrêté préfectoral.

La liste des territoires concernés s’allonge : Paris, Lyon-Villeurbanne, Lille, Montpellier, Bordeaux, Plaine Commune, Est Ensemble et plus récemment Grenoble. D’autres villes pourraient suivre, car les mairies demandent massivement à appliquer ce blocage.

Comprendre le plafonnement des loyers est essentiel si vous êtes dans l’une de ces zones. Ce dispositif expérimental est d’ailleurs prolongé jusqu’en novembre 2026.

Comment savoir si votre logement est concerné ?

Arrêtez de deviner, c’est trop risqué. Le moyen le plus fiable reste d’utiliser le simulateur officiel disponible sur le site service-public.fr. Il suffit d’entrer l’adresse précise du logement pour obtenir un verdict immédiat.

L’outil est clair. Le simulateur vous dira si le bien est en zone tendue et, le cas échéant, s’il est soumis à l’encadrement des loyers avec les montants de référence à ne pas dépasser.

Les autres cas d’augmentation : travaux et loyer sous-évalué

La révision annuelle n’est pas la seule porte d’entrée pour une hausse. Deux autres situations, très encadrées, permettent au propriétaire de revaloriser son loyer, mais pas n’importe comment.

Augmenter le loyer après des travaux d’amélioration

Un propriétaire peut parfois viser une augmentation loyer après avoir rénové. Attention, on ne parle pas ici de changer une ampoule ou repeindre un mur sale. Il faut une vraie amélioration notable.

Le bailleur ne décide pas tout seul dans son coin. Le locataire doit valider le projet et le nouveau prix par écrit. Un avenant au bail devient alors obligatoire pour officialiser l’accord.

Pour valider ce calcul, trois conditions cumulatives s’imposent strictement. Vous devez cocher toutes les cases pour éviter un refus légitime du locataire en place, sinon l’opération est nulle :

  • Les travaux doivent apporter une réelle plus-value comme une meilleure sécurité ou isolation.
  • montant total des travaux égale au moins 50% du loyer annuel hors charges.
  • La majoration annuelle ne dépasse pas 15% du coût TTC global.

La réévaluation pour loyer « manifestement sous-évalué »

Cette option n’existe qu’au moment précis du renouvellement du bail. Impossible de l’activer en cours de contrat. Le propriétaire doit prouver par A plus B que le prix actuel est ridicule face au voisinage.

La mécanique est lourde et demande de l’anticipation. Il faut prévenir le locataire six mois avant l’échéance avec 3 références de loyers similaires. Sans ces preuves concrètes, la demande tombe à l’eau.

Si le locataire accepte, la hausse ne frappe pas d’un coup. Elle s’étale progressivement sur la durée du nouveau bail.

Attention : pas de hausse pour travaux ou sous-évaluation sur une passoire thermique

Voici le piège qui coûte cher à beaucoup de bailleurs imprudents. Le blocage des loyers pour les classes F et G concerne aussi ces cas spécifiques. Vous ne pouvez pas contourner la loi via des travaux.

C’est simple : si le bien reste une passoire, le loyer reste bloqué. Vous ne pourrez ni réévaluer un loyer sous-évalué, ni appliquer une hausse après travaux. Seul un nouveau DPE performant débloquera la situation.

La procédure en pratique : appliquer ou contester la hausse

Propriétaire : comment notifier l’augmentation dans les règles ?

Pour valider une augmentation loyer, l’improvisation vous coûtera cher. Vous devez impérativement notifier votre locataire par écrit, en mentionnant le nouveau montant exact et le détail du calcul basé sur l’IRL. Si vous omettez ces informations cruciales, votre demande n’a aucune valeur légale et le locataire peut l’ignorer.

Même si un courrier simple est techniquement admis, protégez vos arrières avec une lettre recommandée avec accusé de réception. C’est la seule preuve tangible de la date de réception en cas de litige ultérieur.

Une fois la révision actée, la rigueur administrative continue. Vous devrez délivrer une nouvelle quittance de loyer affichant le montant actualisé. C’est une obligation légale dès que votre locataire en formule la demande.

Locataire : les étapes pour contester une augmentation abusive

Le calcul vous semble erroné, la clause de révision est absente du bail ou votre logement est classé F ou G ? Vous avez parfaitement le droit de bloquer cette hausse. Ne payez pas un centime de plus avant d’avoir vérifié vos droits.

Voici la marche à suivre graduelle pour défendre votre portefeuille :

  1. Le dialogue : Contactez d’abord le propriétaire pour lui signaler l’erreur de calcul ou le motif légal de contestation.
  2. La mise en demeure : Si le silence s’installe, envoyez une lettre recommandée contestant formellement la hausse et exigeant sa régularisation.
  3. La conciliation : Le blocage persiste ? Saisissez gratuitement la Commission Départementale de Conciliation (CDC) pour trouver un accord à l’amiable sans frais.
  4. Le juge : En dernier recours, si la conciliation échoue, vous devrez saisir le juge des contentieux de la protection.

L’impact sur vos aides : pensez à mettre à jour votre situation

Si vous percevez des APL, ne laissez surtout pas votre dossier en sommeil. Tout changement de loyer, même de quelques euros, doit être immédiatement déclaré à la CAF ou la MSA. Oublier cette étape, c’est risquer des erreurs de versement et des régularisations pénibles à gérer par la suite.

Cette déclaration permet de recalculer le montant exact de vos droits. De son côté, le propriétaire doit être réactif et fournir les éléments nécessaires pour remplir votre attestation de loyer pour la CAF, un document indispensable pour maintenir vos aides.

La révision du loyer en 2026 impose une vigilance rigoureuse, tant sur le calcul de l’IRL que sur la classe énergétique du logement. Que vous soyez propriétaire ou locataire, la maîtrise de ces règles et le maintien du dialogue constituent vos meilleurs atouts pour assurer une relation locative sereine et conforme.

FAQ

Quand votre propriétaire a-t-il réellement le droit d’augmenter le loyer ?

Votre propriétaire ne peut augmenter le loyer que dans trois situations précises et strictement encadrées. La situation la plus fréquente est la révision annuelle, qui n’est possible que si une clause d’indexation est inscrite explicitement dans votre bail. Les deux autres cas de figure surviennent suite à la réalisation de travaux d’amélioration conséquents ou lors du renouvellement du bail si le loyer est manifestement sous-évalué par rapport au marché.

Il existe toutefois une condition bloquante impérative : la performance énergétique du logement. Si votre habitation est classée F ou G au DPE (passoire thermique), votre propriétaire a l’interdiction formelle d’augmenter le loyer. Cette règle de gel des loyers prévaut sur toutes les autres possibilités d’augmentation, qu’il s’agisse de la révision annuelle ou d’une réévaluation après travaux.

Quel est le taux légal maximum pour l’augmentation de votre loyer ?

Le taux légal d’augmentation n’est pas un pourcentage fixe arbitraire, mais il est plafonné par l’évolution de l’Indice de Référence des Loyers (IRL). Cet indice est calculé et publié chaque trimestre par l’INSEE en se basant sur l’inflation (hors tabac et loyers). Votre propriétaire ne peut en aucun cas appliquer une hausse supérieure à la variation de cet indice.

Pour connaître le taux exact applicable à votre logement, vous devez identifier le trimestre de référence indiqué dans votre contrat de location. Le calcul se fait en comparant l’IRL de ce trimestre à celui de l’année précédente. Si vous résidez dans une zone soumise à l’encadrement des loyers, le montant final ne pourra pas non plus dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral.

Quelle est l’augmentation légale autorisée pour les loyers en 2025 ?

L’augmentation légale pour l’année 2025 varie selon le trimestre de référence de votre bail, mais elle suit une tendance au ralentissement par rapport aux années d’inflation forte. Selon les chiffres de l’INSEE, la hausse plafonnée est de +1,40 % pour le 1er trimestre 2025, de +1,04 % pour le 2ème trimestre, et descend à +0,87 % pour le 3ème trimestre 2025.

Concrètement, si la révision de votre loyer est basée sur l’indice du 3ème trimestre, votre propriétaire ne pourra pas augmenter le montant de plus de 0,87 %. Vous devez vérifier scrupuleusement l’indice utilisé dans la demande de révision pour vous assurer que le calcul respecte bien ces plafonds officiels.

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